dimanche 14 octobre 2012

L'épicentre de ma petite personne


Le 10 octobre 2012, à 00 h 19 HAE, la région de Longueuil était au centre d’un événement sismique d’une magnitude de 4,5 – un tremblement de terre. J’imagine que vous mourez tous envie de savoir si j’ai ressenti le dit tremblement de terre, et si j’ai eu peur comme tout le monde. Et bien non, je dormais profondément. Je l’ai appris aux nouvelles le matin même en me réveillant.

Ce matin-là, comme j’ouvrais mon Facebook, je me rendais compte que mon flux était rempli de statuts de mes « amis » qui relataient leur expérience personnelle face au tremblement de terre. Car, bien sûr, comment ils ont vécu le tremblement de terre, leurs états d’âme et ce à quoi ils ont pensé à ce moment précis, non seulement c’est d’intérêt public, mais ça nous intéresse. Et ça m’a fait penser à une phrase de Mark Zuckerberg relatée par Eli Pariser dans une vidéo de mon billet sur Google :

« A squirrel dying in front of your house may be more relevant to your interests right now than people dying in Africa. »

Et c’est exactement ça! Ce genre de phénomène social  démontre bien notre obsession des médias sociaux. C’est tout de même incroyable que la première chose que la plupart de mes amis Facebook ont pensé après le tremblement de terre, c’était qu’il fallait absolument parler de comment ils avaient vécu ça sur les médias sociaux. Et je me suis dis aussi qu’une chance que ce n’était pas un tremblement de terre d’une magnitude de 8, une chance que ce n’est pas Haïti, car si j’avais été prise en dessous de mon réfrigérateur, probablement que personne ne serait venu me sauver avant d’avoir mis à jour leur statut. Et j’aurais eu le temps de mourir quatre fois.
Je suis ébahie de constater que de partager son expérience personnelle sur les médias sociaux prend précédence sur le fait de vivre l’événement au moment présent. Ça en dit long sur notre société…

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